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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 17:10

 

Forage japonais à l'aplomb de la faille de Nankai

 

Article de la Recherche - Décembre 2013 - n°482

 

 

 

2013.12.02.Article-La-recherche.Scan-copie-copie-1.jpg

 

 

Le Chikuyu , navire de forga japonais, se trouve actuellement à l'aplomb de la faille de Nankai, à l'est du Japon, pour une expédition qui se terminera le 24 janvier 2014.Il y poursuit un programme de plusieurs forages débuté en 2007, afin d'étudier cette zone dont on craint qu'elle soit à l'origine d'un séisme dévastateur.Commencé le 13 septembre, le forage en cours (en vert sur le schéma) ambitionne d'atteindre 3600 m sous le plancher océanique afin, entre autres, d'en rapporter des échantillons de croûte océanique (modifiée dans une zone de subduction).

 

 

 

 


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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 09:50

Il y a 4,4 Ga, la Terre n'était qu'un océan de magma

 

Article de notre-planète.info  -  Auteur : CNRS

http://www.notre-planete.info/actualites/

terre_primitive_ocean_magma.jpg

 Astronomical Illustrations and Space Art, by Fahad Sulehria

 

 

Des roches vieilles de 3,4 milliards d'années issues de la chaîne montagneuse d'Isua, au sud-ouest du Groenland, viennent d'apporter des informations précieuses sur la structure de la Terre à ses premiers stades d'évolution.

Une équipe franco-danoise menée par des chercheurs du Laboratoire « Magmas et volcans » (CNRS / Université Blaise Pascal / IRD), vient de découvrir, dans ces roches témoins du premier milliard d'années de notre planète, un déficit en Néodyme 142, élément chimique clé dans l'étude de la formation terrestre. Ce déficit étaye l'hypothèse selon laquelle, entre 100 et 200 millions d'années après sa formation, la Terre était constituée d'un océan de magma en fusion qui s'est peu à peu refroidi. Réalisés en collaboration avec le Laboratoire de géologie de Lyon (CNRS / Université Lyon 1 / ENS de Lyon) et l'Université de Copenhague, ces travaux ont été publiés le 1er novembre 2012 dans la revue Nature.


Il y a 4,58 milliards d'années, la Terre se serait formée par accrétion de matériaux du système solaire. La chaleur produite par ce processus d'accrétion, ainsi que par la décomposition d'éléments radioactifs, aurait provoqué la fonte de ces matériaux. Résultat : entre 100 et 200 millions d'années après sa formation, la Terre aurait été constituée d'un océan de magma en fusion au centre duquel se serait concentré un noyau métallique. Peu à peu, cet océan se serait refroidi. La croûte terrestre se serait alors formée, puis, la dérive des continents se serait déclenchée. Cette cristallisation du magma en fusion se serait accompagnée d'une structuration chimique de la Terre : des couches concentriques aux compositions chimiques distinctes se seraient individualisées. Ce sont les traces de ces inhomogénéités primordiales que les chercheurs ont retrouvé dans les roches d'Isua.

Les scientifiques s'intéressaient à un élément chimique clé : l'isotope 142 du Néodyme, issu de la décomposition d'un isotope radioactif aujourd'hui disparu, le Samarium 146. Son abondance est presque identique dans toutes les roches terrestres. Deux seules exceptions sont connues jusqu'à présent : certaines roches du Canada et du Groenland datant d'au moins 3,7 milliards d'années. Celles-ci présentent dans leur composition, des traces des inhomogénéités primordiales constituées au moment de cette cristallisation de l'océan magmatique.

En 2003, deux groupes de chercheurs français avaient observé, pour la première fois, un excès en Néodyme 142 dans des roches de cette même région. Si certaines couches de la Terre primordiale présentaient cet excès, c'est parce que d'autres couches devaient présenter un déficit. Cependant, pendant 9 ans, jusqu'au résultat obtenu aujourd'hui par l'équipe franco-danoise, ces déficits en Néodyme 142 sont restés hypothétiques. Les chercheurs ont analysé très finement, grâce à une méthode sophistiquée, la spectrométrie de masse à thermo-ionisation, la teneur en Néodyme 142 d'échantillons de roche issues d'Isua. Ils ont ainsi découvert un déficit de 10,6 parties par million en Néodyme 142, ce qui conforte la théorie de « l'océan magmatique ».

Ces résultats vont permettre d'améliorer les modèles sur la dynamique interne de la Terre à ses premiers stades d'évolution. En effet en découvrant un déficit en Néodyme 142 dans des roches relativement jeunes, formées près d'un milliard d'années après la cristallisation de l'océan magmatique, les chercheurs ont montré que les inhomogénéités primordiales se sont maintenues plus longtemps que prévu, avant d'être résorbées par le mouvement de convection du manteau terrestre. Afin de disposer de données plus globales, les chercheurs comptent à présent étudier la composition d'autres roches d'âge similaire affleurant par exemple au Canada, en Afrique du Sud ou en Chine.

 

Référence

The elusive Hadean enriched reservoir revealed by 142Nd deficits in Isua Archean rocks. Hanika Rizo, Maud Boyet, Janne Blichert-Toft, Jonathan O'Neil, Minik Rosing, Jean-Louis Paquette, Nature, 1er novembre 2012.

 

Auteur

Centre National de la Recherche Scientifique

 

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 06:12

La grande débâcle glaciaire redatée


Pour La Science - Avril 2012 - François Savatier

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© CEREGE / Edouard Bard
L'analyse des coraux tahitiens depuis la dernière glaciation suggère qu'il y a environ 14 500 ans, une fonte massive des calottes glaciaires antarctiques a élevé le niveau des océans de 14 mètres en moins de 350 ans.

 

Cent trente mètres en moins de 15 000 ans : le niveau des mers est beaucoup remonté depuis le dernier maximum glaciaire. Petit à petit ou par sauts ? Après avoir foré à Tahiti, Pierre Deschamps et ses collègues du CEREGE (Université d'Aix-Marseille) et des Universités d'Oxford et de Tokyo ont établi une nouvelle courbe des variations du niveau marin depuis la dernière glaciation : elle confirme qu'une remontée catastrophique du niveau des océans a bien eu lieu il y a 14 500 ans.

Cet événement est noté MWP-1A (de l'anglais Melt Water Pulse). Pour le reconstituer, les chercheurs ont effectué 37 forages dans le récif de Tahiti. Les coraux tropicaux vivant à faible profondeur, ils constituent en effet d'excellents indicateurs de l'évolution au fil du temps du niveau de la surface de l'océan. P. Deschamps et ses collègues ont daté ces coraux en s'appuyant sur la transformation radioactive de l'uranium 234 en thorium 230, et montré qu'entre 14 650 et 14 400 ans, une gigantesque débâcle glaciaire s'est déclenchée, qui a fait monter le niveau des océans de 14 à 18 mètres en moins de 350 ans, soit au minimum 4 mètres par siècle !

Auparavant, deux scénarios concouraient pour placer le MWP-1A dans l'histoire du climat. Le premier découle d'une reconstitution des niveaux marins obtenue à partir des coraux de la Barbade, dans les Caraïbes. Ces données suggéraient d'une part que la débâcle s'était déclenchée plus de cinq siècles plus tard, il y a 14 000 ans ; d'autre part qu'elle était surtout due à la fonte des calottes de l'hémisphère Nord, et tout particulièrement de celle qui recouvrait le Nord de l'Amérique. Mais ce scénario a des faiblesses : les modèles géophysiques indiquent par exemple que la fonte de la calotte nord-américaine modifierait assez le champ gravitationnel terrestre pour que la montée des eaux soit inférieure de 40 pour cent à la Barbade. Or les forages de Tahiti montrent le contraire : la montée des eaux pendant le MWP-1A est comparable autour des deux îles. Cela renforce le second scénario, selon lequel les calottes antarctiques ont contribué au moins autant que la calotte nord-américaine à la débâcle du MWP-1A.

Or la nouvelle datation de cet événement à 14 650 ans le fait coïncider avec le Bølling, un épisode de réchauffement rapide de l'hémisphère Nord. En revanche, dans la reconstitution des niveaux marins successifs réalisée à la Barbade, le Bølling précède le déclenchement du MWP-1A. Si la nouvelle datation est la bonne, seule une réorganisation de la circulation thermohaline (dont le Gulf stream est un exemple) expliquerait le réchauffement dans l'hémisphère Nord, puis la fonte des calottes nordiques. Cette hypothèse ne sera cependant confirmée que le jour où les preuves géologiques de la contribution de l'Antarctique au MWP-1A auront été obtenues sur le continent blanc, ce qui n'est pas encore le cas.

Seule chose sûre : les calottes de glace ne réagissent pas de façon linéaire aux changement climatiques. La remontée du niveau marin n'est donc pas proportionnelle à l'élévation de la température moyenne à la surface de la Terre. L'histoire récrite du MWP-1A illustre au contraire l'existence de puissants effets de seuil. Alors que l'activité humaine fait grimper sensiblement la température moyenne de l'atmosphère, il faudrait donc se méfier de possibles débâcles à venir.

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 06:22

 

...mais les lacs périglaciaires menaçent  la population

 

      Technoscience.net   -  21/04/2012

 

 

Himalaya-glacier-lac.jpg

 

La formation de grands lacs périglaciaires constitue

une menace pour les populations qui vivent en aval.
 

Image: Markus Stoffel/DR

 

Plusieurs centaines de millions de personnes de l'Asie méridionale dépendent des eaux douces stockées dans les glaciers de l'Himalaya. Etablir scientifiquement comment ceux-ci vont se comporter face au réchauffement climatique s'avère primordial. Des chercheurs des universités de Genève (UNIGE) et Zurich (UNIZH) viennent de démontrer que la réduction des glaciers de l'Himalaya se fait moins rapidement que préalablement supposé. Ce motif éventuel de soulagement est pourtant assombri par la constatation du danger grandissant que représentent la formation et la rupture éventuelle de lacs périglaciaires.

Depuis la publication de certaines évaluations contestées du Groupement intergouvernemental des experts sur les changements climatiques (GIEC), les glaciers de l'Himalaya constituent plus que jamais un sujet d'inquiétude pour le public et les chercheurs. Les connaissances lacunaires dont on disposait jusqu'ici sur ces glaciers himalayens empêchaient toute affirmation à leurs propos. Pour remédier à cela, une équipe internationale de chercheurs sous la direction de l'UNIGE et de l'UNIZH vient de réaliser une importante compilation des connaissances dans ce domaine, laquelle fait l'objet d'une publication dans la dernière édition de la revue Science.

Grâce à ce travail, les scientifiques démontrent que les scénarios de régression marquée des glaciers dans l'Himalaya, publiés dans le dernier rapport du GIEC, étaient erronés et exagérés.

 

Suite de l'article dans "Technoscience.net" :http://www.techno-science.net

 


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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 06:20

 

 

Des embryons  de Mésosaures fossiles  de 280 millions d'années

 

 

Techno-Science.net - 4 avril 2012

 


Datant d'environ 280 millions d'années, les plus anciens embryons fossiles de reptiles ont été mis au jour en Uruguay et au Brésil. Ils appartiennent au groupe des mésosaures, reptiles aquatiques anciens. L'étude de ces fossiles particulièrement bien conservés suggère que les mésosaures étaient vivipares (1) (repoussant de 60 millions d'années ce mode de reproduction) sinon qu'ils pondaient des œufs à des stades avancés de développement. Publiés dans la revue Historical Biology, ces résultats sont révélés par une équipe internationale impliquant Michel Laurin, directeur de recherche CNRS au Centre de recherche sur la paléobiodiversité et les paléoenvironnements (CNRS/Museum national d'histoire naturelle/UPMC).

 

 

 

 

Embryons reptiles fossiles-copie-1

 

 

Embryon fossile de Mésosaure du Permien inférieur dans un oeuf

issu de la formation de Mangrullo en Uruguay.
Photo du spécimen de gauche et dessin d'interprétation à droite
© Graciela Piñeiro (à gauche) et Inés Castiglioni (à droite)




Si les plus anciens amniotes (2) fossiles adultes connus à ce jour datent d'environ 315 millions d'années, les paléontologues disposent de très peu de collections d'œufs et d'embryons fossiles. Grâce à la découverte d'embryons fossiles de mésosaures, reptiles aquatiques anciens, datant d'environ 280 millions d'années, une équipe internationale impliquant Michel Laurin, du Centre de recherche sur la paléobiodiversité et les paléoenvironnements (CNRS/Museum national d'histoire naturelle/UPMC), livrent de nouvelles informations sur le mode de reproduction de ces animaux.

Au Brésil, l'équipe de paléontologues a mis au jour un spécimen fossile en gestation. Celui-ci révèle que les mésosaures qui peuplaient ce territoire retenaient les embryons dans l'utérus pendant la plus grande partie du développement embryonnaire. Ces reptiles étaient donc probablement vivipares(1).

De plus, en Uruguay, les mêmes chercheurs ont exhumé 26 spécimens de mésosaures adultes, tous associés à des embryons ou à de très jeunes individus, et datant de la même époque que le fossile brésilien. Ces spécimens, plus ou moins désarticulés, sont difficiles à interpréter mais il s'agit probablement, pour la plupart, d'embryons dans l'utérus, étayant lathèse de la viviparité chez les mésosaures. Les plus grands d'entre eux pourraient représenter de jeunes animaux dont s'occupait au moins un des deux parents, laissant supposer l'existence de soins parentaux. Cependant, un œuf isolé de mésosaure (voir la photo ci-dessous) a également été mis au jour sur ce site uruguayen. Cette découverte nuance la thèse de la viviparité (qui, en principe, exclut la ponte d'œuf). Elle suggère que les mésosaures d'Uruguay pondaient des œufs à un stade avancé de développement qui devaient éclore peu après (quelques minutes à quelques jours plus tard).

Ces recherches révèlent donc les plus anciens fossiles d'embryons amniotiques au Paléozoïque
(- 543 à -250 millions d'années) et les premiers exemples connus de rétention d'embryons (et peut-être de viviparité), repoussant de 60 millions d'années ce mode de reproduction. Les particularités reproductrices des mésosaures révélées dans cette étude reflètent-elles leur mode de vie aquatique (la viviparité étant fréquente chez les reptiles aquatiques) ou plutôt une condition assez répandue chez les premiers reptiles ?


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Reconstitution de l'embryon de mésosaure du Permien inférieur issu de la formation de Mangrullo en Uruguay dans un œuf.
© Gustavo Lecuona



photo3 ok

Embryon et adulte mésosaure, juxtaposés pour la reconstitution et la photo
(pas trouvés en association) montrant la taille de l'embryon par rapport à celle de l'adulte.
© Graciela Piñeiro
Notes:

(1) Animaux qui gardent l'embryon à l'intérieur et donnent naissance à leurs petits.

(2) Les amniotes sont des vertébrés dont l'embryon est entouré d'une membrane appelée amnios ; ils incluent les mammifères et les reptiles.


 
Références:

Graciela Piñeiro, Jorge Ferigolo, Melitta Meneghel & Michel Laurin (2012): The oldest known amniotic embryos suggest viviparity in mesosaurs, Historical Biology: An International Journal of Paleobiology, DOI:10.1080/08912963.2012.66223

 

 

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 09:57

 

 

Le Gabon à l'aube de la vie

 

 

Pour La Science - mars 2012

 

Auteurs : Pascal Bouton, Alain Préat, Denis Thiéblemont et Michel Ebang Obiang

 

En juillet 2010, des recherches menées dans le bassin de Franceville, au Sud-Est du Gabon, dans la forêt équatoriale du bassin du Congo, ont livré des résultats déconcertants. L'équipe d'Abderrazak El Albani, de l'Université de Poitiers, a mis au jour de possibles organismes pluricellulaires eucaryotes (c'est-à-dire dont les cellules ont un noyau) – des métazoaires –, datant de plus de deux milliards d'années.

La signification biologique de ces nouveaux fossiles reste à trancher par les paléontologues. Mais il revient aux géologues de décrire les milieux où ces organismes se seraient développés. C'est le travail auquel nous nous sommes attelés à l'occasion de la nouvelle cartographie géologique du pays, conduite de 2005 à 2010 par le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières, en France) pour l'État gabonais. Nous avons redécouvert les sous-sols de cette région équatoriale proche de la ville de Franceville,...Article de 8 pages dans le PLS de mars 2012.

 

 

Sans titre-1

 

 

 

L'essentiel

 

 - Grâce au très bon état de préservation des couches sédimentaires du bassin de Franceville, au Sud-Est du Gabon, les géologues ont reconstitué le paysage tel qu’il était il y a deux milliards d’années.


- Différents types de milieux coexistaient : des platiers à stromatolithes ( 
structures minérales édifiées par des colonies de cyanobactéries ) , des lagunes salées, des mers intérieures bordées de volcans en activité...


- Une biodiversité importante s’y développait, avec des formes de vie intrigantes qui remettent en cause les hypothèses sur l’apparition des premiers organismes complexes .

 


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 Organismes complexes de plus de 2 milliards d'années

( taille : 10 à 120 mm )

 


Les auteurs

 

 - Pascal BOUTON, géologue et créateur de l'entreprise Oolite, est spécialisé en cartographie géologique et en sédimentologie.

 - Alain PRÉAT est professeur à l'Université libre de Bruxelles où il dirige l'Unité de Sédimentologie et géodynamique des bassins.

 - Denis THIÉBLEMONT, géologue et géochimiste au BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) à Orléans, a dirigé le projet de cartographie géologique du BRGM au Gabon.

 - Michel EBANG OBIANG est ingénieur géologue à la Direction des mines et de la géologie du ministère des Mines du Gabon, à Libreville.

 

Remarque : Pascal Bouton est le réalisateur des fiches descriptives des sites géologiques vendéens , éditées par le Conseil général de la Vendée.

 

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 06:21

 

Pour la Science - 27.01.2012 

 

Il y a 251 millions d'années, 70 % des espèces terrestres et 95 % des espèces marines ont brusquement disparu. Cette extinction de masse, dite crise Permien-Trias ou encore crise fini-permienne, est la plus grande connue. Quelles sont ses causes ?


Les hypothèses vont de la formation du supercontinent géant de la Pangée aux impacts météoritiques en passant par le supervolcanisme. Or à la fin du Permien (il y a 299 à 251 millions d'années), un volcan géant a déposé quelque sept millions de kilomètres cubes de basaltes en Sibérie. Selon les conclusions complémentaires de plusieurs équipes, la pollution atmosphérique qui en a résulté serait le facteur clef de l'extinction de masse.


Nommés « traps de Sibérie », les épais épanchements basaltiques sibériens commencent juste derrière l'Oural et couvrent environ deux millions de kilomètres carrés, soit plus de trois fois la superficie de la France. Actif pendant plus d'un million d'années, ce volcanisme massif a déposé des couches de basaltes sur plusieurs kilomètres d'épaisseur et a pollué l'atmosphère. Pour préciser comment, Benjamin Black, du MIT, a étudié la composition chimique des inclusions vitreuses que l'on retrouve dans les falaises de laves sibériennes. Anciennes gouttelettes de magma liquide, ces inclusions renferment du gaz figé au sein de cristaux. Leur analyse chimique révèle notamment leurs teneurs en chlore, en soufre et en fluor. Rapportées à la masse des traps, ces teneurs suggèrent que 8 700 gigatonnes (milliards de tonnes) de chlore, 7 800 gigatonnes de soufre et entre 7 100 et 13 800 gigatonnes de fluor ont été larguées dans l'atmosphère. Pareilles émissions ont entraîné des pluies très acides et ont contribué à un changement climatique.

 

trapps sibérie


Or un réchauffement brutal était déjà enclenché par la libération d'énormes quantités de dioxyde de carbone, accompagnée d'émissions massives d'hydrocarbures halogénés, destructeurs de la couche d'ozone. C'est ce qu'ont établi en 2009 Henrik Svensen, de l'Université d'Oslo, et ses collègues, en montrant que l'arrivée du magma a provoqué un craquage massif de la matière organique contenue dans les sédiments de l'immense bassin sédimentaire de la Toungouska. Un dégazage intense s'en est suivi, qui s'est traduit par la formation de quelque 6 400 cratères de plusieurs kilomètres de diamètre…


Impressionnant ? La situation fut pire encore ! Hamed Semei et ses collègues de l'Université de Calgary, au Canada, ont examiné le rôle du mercure relâché durant l'éruption. Grâce à des échantillons provenant d'une coupe sédimentaire profonde du haut arctique canadien, ils ont retracé les variations à travers les temps géologiques du mercure atmosphérique. La concentration du mercure, issu notamment de la combustion des charbons et des pétroles à la faveur de l'éruption, a explosé à la fin du Permien pour atteindre environ 30 fois la concentration actuelle. Or il est bien connu aujourd'hui que le mercure atmosphérique s'accumule dans les algues et les autres organismes marins à la base de la chaîne alimentaire océanique.

 

Résumons : le supervolcanisme sibérien de la fin du Permien a déclenché un réchauffement climatique brutal, s'est accompagné de pluies fortement acides et a fait disparaître la couche d'ozone. Tout cela peut expliquer la disparition de 70 pour cent des formes de vie terrestres... mais pas celle de 95 pour cent des formes de vie marines. Certes, en mer, l'acidification des eaux due aux pluies acides et à la dissolution des gaz atmosphériques a pu jouer un rôle important, mais elle ne semble pas pouvoir expliquer à elle seule une extinction quasi totale. Un facteur supplémentaire a été nécessaire : l'empoisonnement massif des océans par le mercure ?

 

 

François Savatier , journaliste à Pour la Science.

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 05:21

 

Un réseau d'observation géophysique sur l'ensemble de la France

 

 

Techno-science.net , le 7.02.2012

http://www.techno-science.net

 

 

Lancée officiellement le 8 février, la Très Grande Infrastructure de Recherche RESIF (Réseau sismologique et géodésique français) a pour but de créer une antenne d'observation géophysique sur l'ensemble de la France métropolitaine dédiée à l'étude de la Terre interne et des risques telluriques.

Placé sous les tutelles du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, du Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable et du Bureau Central Sismologique Français, RESIF mobilise une centaine de chercheurs et ingénieurs, et implique 20 établissements et organismes de recherche (1). Le Centre national de larecherche scientifique (CNRS) joue le rôle de coordinateur au sein du consortium RESIF. En développant un équipement national d'observation, RESIF devrait mettre à profit un maillage de plus de 750 instruments sismologiques et géodésiques, à travers la France et rendre disponible des données plus fines de la déformation du sol.

map resif web
Instruments sismologiques et géodésiques RESIF en métropole actuels et planifiés
© RESIF


  Avec la volonté déclarée de développer une synergie accrue entre les observations spatiales et les observations dites in situ, impliquant de nombreuses disciplines (tectonique, géologie, sismologie, géotechnique, hydrologie, météorologie, géodésie, ...), RESIF permettra ainsi:

- d'avancer considérablement d'une part dans la connaissance de la structure et de la composition de la Terre globale sous le territoire européen et national, d'autre part dans la compréhension de l'évolution de la planète Terre dans le temps ;

- de mieux comprendre les risques liés aux mouvements du sol, qu'ils soient d'origine naturelle (séismes, glissements de terrain, tsunamis,...) ou artificielle (barrages, mines, stockages souterrains, explosions,...) à la mesure de l'urbanisation forte et des nombreux ouvrages industriels stratégiques qui caractérisent la France. Une partie des données sera partagée avec des systèmes spécifiques d'alerte, notamment CENALT, centre d'alerte aux tsunamis ;

- d'apprécier plus finement le potentiel de stockage de produits transformés, et les ressources naturelles disponibles (géothermie, gisements, eau souterraine) dont la gestion raisonnée représente un enjeu majeur du 21eme siècle.

Des données accessibles

Par la mise à disposition immédiate des données et l'interopérabilité avec les centres européens, RESIF s'intègre dans le dispositif européen et mondial d'observations géophysiques. Il est ainsi pressenti comme une contribution française majeure à l'infrastructure de recherche européenne European Plate Observing System (http://www.epos-eu.org/). Les données de RESIF seront alors utilisées par des chercheurs du monde entier car la France métropolitaine est un exemple typique de pays fortement urbanisé et industrialisé avec une sismicité significative où les grands séismes se sont toutefois produits peu souvent.

La construction de RESIF sera réalisée grâce au soutien financier du programme d'investissements d'avenir, dont RESIF est lauréat comme Equipement d'Excellence, àhauteur de 9,3 Millions d'Euros.

Site du RESIF: http://www.resif.fr

Note:

(1) Membres de RESIF participant au Comité directeur: Centre national de la recherchescientifique (CNRS) (coordinateur), Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM), Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies renouvelables (CEA), Centre national d'études spatiales (CNES), Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer(IFREMER), Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux (IFSTTAR), Institut national de l'information géographique et forestière (IGN), Institut de recherche pour le développement (IRD), Institut deradioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), Institut de Physique du Globe de Paris(IPGP), Observatoire de la Côte d'Azur (OCA), Université Joseph Fourier Grenoble I, Université Paul Sabatier Toulouse III, Université de Strasbourg

Autres membres de RESIF: Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand II, Université de Bretagne Orientale, Université Claude Bernard Lyon I, Université Montpellier 2, Université de Nantes, Université de Nice Sophia Antipolis

 

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 22:52

 

Un forage de 11 km de profondeur pour étudier les variations du climat

 

 

Le Monde -  17.01.12



Un projet envisage un forage de plus de 11 km sous la surface de la mer méditerranée, au sud de la zone étudiée par Melrose et Noble Energy.

AFP/DAVID MCNEW MARSEILLE ENVOYÉ SPÉCIAL .

 


2012.01.16.Le Monde un-projet-envisage-un-forage-de-plus-de

 

 

 

Alors que les projets des compagnies pétrolières suscitent l'inquiétude des écologistes provençaux, un programme scientifique de forage, sans précédent, est à l'étude dans le golfe du Lion. Coordonné par une paléoclimatologue de l'université de Bretagne-Occidentale, Marina Rabineau, il envisage un forage de plus de 11 km sous la surface de la mer, au sud de la zone étudiée par Melrose et Noble Energy. Dénommé Gold (Gulf of Lion's Drilling), "son but est d'effectuer le premier forage profond dans le golfe du Lion, au large de Toulon, afin d'étudier les variations du climat global et celles du niveau marin, les événements géologiques extrêmes comme le Messinien, les ressources naturelles, le stockage du CO2, et la biosphère profonde", explique Mme Rabineau.

Un bateau spécialisé japonais, le Chikyu, extrairait une carotte de 11 km, constituant une colonne complète des sédiments qui se sont accumulés dans cette zone depuis 25 millions d'années. Le forage atteindrait le socle sous-jacent, dont la nature géologique est mal connue. A l'endroit prévu pour le forage, la "colonne sédimentaire est complète, non déformée et sans érosion ni hiatus majeur", précise la scientifique. Il s'agit donc d'un témoin privilégié de l'histoire géologique du bassin ouest de la Méditerranée.

 

Mais l'intérêt pour les ressources pétrolières n'en est pas absent. En effet, le forage traversera une couche de sel. Jusqu'à récemment, les modèles géologiques dominants indiquaient que l'on ne pouvait pas trouver d'hydrocarbures dans une telle configuration géologique. La découverte au large du Brésil, en 2006, d'énormes réserves de pétrole sous une couche de sel, a changé la donne : les géologues qui défendaient la possibilité d'une telle configuration sont davantage écoutés. Daniel Aslanian est l'un d'eux. Chercheur à l'Ifremer, il est associé au projet Gold : "On propose un nouveau modèle, qui repense la formation des marges continentales passives, comme celles qui bordent l'Atlantique sud ou la Méditerranée. Il s'agit de le tester dans le golfe du Lion." "SOUS LA COUCHE DE SEL" La possibilité de trouver des hydrocarbures sous la couche de sel suscite l'intérêt des compagnies pétrolières pour le projet Gold. Lors d'un colloque sur ce projet en octobre 2011, à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), des spécialistes de Pétrobras et de Melrose ont présenté des communications. "Ce type de forage est très coûteux, indique M. Aslanian, de l'ordre de 130 à 180 millions d'euros. Les compagnies pétrolières peuvent aider à le financer." Pour l'instant, aucune ne s'est encore engagée. Mais la société algérienne Sonatrach est intéressée par un forage du même type côté algérien, où la structure géologique est comparable. Elle pourrait s'engager pour près de 90 millions d'euros. Le projet Gold sera présenté en avril à l'ntegrated Ocean Drilling Program, un programme international de recherche sur l'histoire de la Terre à partir des études sur les fonds marins. Si le projet est accepté, et son budget bouclé, le forage pourrait intervenir dans les deux ou trois prochaines années.


Hervé Kempf - Article  du 17.01.12

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 09:40

Notre CO2 reporte la prochaine glaciation

 

 

Le Monde 11.01.2012 - Blog de Pierre Barthélémy

Scrat, l'écureuil malchanceux de L'Age de glace, risque d'attendre bien longtemps avant de pouvoir de nouveau enfouir ses glands chéris dans l'inlandsis de la prochaine glaciation. Celle-ci pourrait bien ne pas se produire de sitôt. Pourtant, son heure semblait jusqu'ici approcher. Il y a déjà 11 600 ans que la Terre est entrée dans l'Holocène, l'actuelle époque géologique qui est un interglaciaire. Cette période aux températures plus clémentes a favorisé l'expansion rapide de notre espèce  et son fulgurant développement technologique. Or, si l'on s'en réfère aux derniers exemples en date, ce pic chaud dure 11 000 ans en moyenne. Notre "saison" douce devrait donc toucher à son terme, si l'on ne s'en tenait qu'à l'arithmétique.

Cela dit, plusieurs éléments peuvent modifier la durée "standard", comme la quantité de CO2 présent dans l'atmosphère ou, plus encore, les paramètres astronomiques. Comme l'a en effet montré il y a soixante-dix ans le savant serbe Milutin Milankovitch, ce sont les variations de la position de la Terre par rapport au Soleil qui engendrent les cycles glaciation-interglaciaire, nommés cycles de Milankovitch. Dans la liste des causes on recense ainsi l'excentricité de l'orbite terrestre, laquelle est plus ou moins elliptique selon les époques, l'inclinaison de l'axe de rotation de notre planète par rapport au plan dans lequel elle se déplace, et, enfin, un phénomène connu sous le nom de précession des équinoxes. Il s'agit d'un mouvement lent de l'axe de rotation de la Terre, que l'on compare généralement à celui de l'axe d'une toupie qui tourne (c'est en raison de ce mouvement que l'étoile Polaire a changé au cours de l'histoire). Il faut prendre en compte toutes ces variations pour calculer la quantité de chaleur que nous recevons de notre étoile.

L'arrivée d'une glaciation n'est donc pas réglée comme du papier à musique et pour qui veut en déterminer la date, la tâche est ardue. Dans une étude publiée le 8 janvier par Nature Geoscience, une équipe internationale a, pour y parvenir, choisi une voie empirique : chercher, dans les "archives" climatiques, combien de temps a duré l'interglaciaire du passé qui ressemble le plus au nôtre tant par ses composantes astronomiques (évaluées par un modèle numérique) qu'atmosphériques. Les chercheurs ont évidemment mis entre parenthèses la teneur en CO2 mesurée aujourd'hui (390 parties par million) et s'en sont tenus à la valeur pré-industrielle (280 ppm). Grâce aux carottages effectués dans les glaces de l'Antarctique mais aussi dans les sédiments marins, les principales caractéristiques de l'atmosphère sont connus sur les 800 000 dernières années, ce qui donne un large éventail d'événements interglaciaires.

C'est un des plus anciens sur la liste qui a été retenu. Le candidat présentant le plus de similarités sur le plan astronomique et sur celui des signaux paléoclimatiques s'est en effet avéré être un épisode survenu il y a environ 780 000 ans. Or cet interglaciaire ancien aurait au maximum duré 12 500 ans. Ce qui, si la comparaison est bonne, nous laisse un petit millier d'années avant de voir la calotte glaciaire descendre sur le nord de l'Europe, le niveau des mers baisser de plusieurs dizaines de mètres – au point de pouvoir traverser la Manche et le détroit de Béring à pied sec – et la toundra gagner le Médoc...

Ce serait néanmoins oublier un facteur important : le dioxyde de carbone. Car pour que la glaciation s'enclenche, les chercheurs estiment que le taux atmosphérique de CO2 ne doit pas dépasser les 240 ppm. Nous sommes loin du compte et il faut aussi noter que la valeur pré-industrielle est également supérieure à cette barre, ce qui pourrait indiquer que, même avant le début de l'utilisation massive des combustibles fossiles au XIXe siècle, les activités humaines (agriculture, élevage, déforestation) avaient déjà modifié la composition de l'atmosphère et la machine climatique. Quoi qu'il en soit, avec nos 390 ppm de CO2 actuelles, nous avons une bonne assurance contre le retour de l'âge de glace : même en coupant net (et définitivement) toute émission de dioxyde de carbone, il faudrait probablement des siècles voire davantage pour que la nature absorbe ce surplus de carbone et que l'on revienne ne serait-ce qu'à la valeur pré-industrielle.

A la publication de cette étude de Nature Geoscience, quelques-uns, comme le blogueur climatosceptique américain Anthony Watts, se sont donc réjouis : enfin une conséquence positive de l'augmentation des gaz à effet de serre et du réchauffement climatique ! Il est certain que la perspective du retour à la glaciation n'enchante personne, notamment en raison de son impact désastreux sur l'agriculture. Néanmoins, voir le changement climatique à travers ce seul prisme est un contresens majeur. Pour Luke Skinner, de l'université de Cambridge (Royaume-Uni) et un des auteurs de l'étude, qui est interrogé par la BBC"c'est un intéressant débat philosophique – "serions-nous mieux dans un monde chaud [de type interglaciaire, précise la BBC] que dans une glaciation ?" et il est probable que oui. Mais c'est ne pas comprendre l'enjeu, parce que ce vers quoi nous nous dirigeons, ce n'est pas vers le maintien de notre climat actuellement chaud, c'est vers un climat qui se réchauffe encore plus, et ajouter du COà un climat chaud est très différent que d'en ajouter à un climat froid." Si l'humanité a voulu mettre un peu de chauffage pour prévenir l'hiver glaciaire, elle a poussé le bouton du thermostat trop loin. Cela a deux conséquences. La première est purement académique et d'impact limité : il devient très compliqué de prévoir la date d'arrivée de la prochaine glaciation. La seconde conséquence constitue la conclusion de l'étude : même si la Terre se retrouve bientôt dans une configuration astronomique favorable à une glaciation, cela ne modèrera pas pour autant les effets du réchauffement climatique induit par les activités humaines.

Pierre Barthélémy

NB: Pour en savoir plus , cliquer sur les mots et expressions colorés en bleu

(Crédit image : Twentieth Century Fox.)
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